22.9.07

Véronique Sanson: "Amoureuse"

Non, Véronique Sanson n' a jamais eu sa photo à la une de "Jours de France" ou de "Hit Magazine" dans les flamboyantes années 70.
Véro n'avait pas besoin de cette presse pour devenir l'une des grandes prêtresses de la chanson française.

Ce qui la caractérise, c'est le vibrato exceptionnel de sa voix qui transcende ses chansons dans le registre de l'émotion.
Plus les années passent, plus j'apprécie cette artiste singulière au présent douloureux.
Je retiendrai néanmoins pour ma part ses premières années où la chanteuse abusait moins du synthétiseur et de la guitare électrique.

Tout commence en 1971 avec "Amoureuse" que Véronique Sanson interprète fiévreusement derrière son piano. Une des plus belles chansons du répertoire français.

"Et l'aurore m'apporte le sommeil
Je ne veux pas qu'arrive le soleil
Quand je prends sa tête entre mes mains
Je vous jure que j'ai du chagrin"

Il y eut ensuite d'autres bien belles confessions aux titres évocateurs: "L'irréparable", "Le maudit", "Etrange comédie", Le temps est assassin" mais aussi "Ma révérence" ou "Toute une vie sans te voir".

J'avais un peu perdu de vue la chanteuse au moment de sa gloire futile du début des années 90. Son mariage médiatisé avec l'humoriste Pierre Palmade ne m'avait pas convaincu. Et pour le coup, elle pouvait faire la une de "Paris Match" et autre "Gala".
Nos chemins se sont recroisés récemment avec son sublime et angoissé hommage à Michel Berger dans: "D'un papillon à une étoile".
Jamais, la chanteuse n'avait chanté avec autant d'émotion et de vérité blessée.

"Si tu t'en vas, si tu t'en vas
Je lâche tout, j'abandonne, là
Le monde entier s'écroule sur moi
Si tu t'en vas, si tu t'en vas
Je sens la mort qui me touche, du doigt"


Toujours ses douloureuses confessions sur les tourments de la vie et sur l'absence insurmontable des êtres qui vous sont chers.