29.8.06

Eddy Mitchell: "Eddy lover"

Rarement, un chanteur ne se sera autant bonifié avec l'âge.
J'apprécie l'élégance, la discrétion et la fausse nonchalance avec lesquelles Eddy Mitchell mène sa carrière. On est loin de la "peoplelisation" indécente et vulgaire de son pote Hallyday.

Dès ses débuts, Eddy Mitchell a ponctué ses disques rock de slows comme "Alice" et "Toujours un coin qui me rappelle".
C'est dans ce registre "crooner" que je le préfère.
Et justement, je ne saurai trop vous conseiller sa compilation "Eddy lover" sortie en 1998 et toujours disponible.

Remarquablement mastérisé, valorisé par des musiciens hors pair dont l'excellent saxophoniste Michel Gaucher, cet opus contient vingt morceaux d'anthologie qui parcourent les années 76 à 98.
Avec "Sur la route de Memphis", "La fille du motel", "La dernière séance", Eddy a en effet créé dès 1976 ce style qui lui est propre de rock lent, limite "country", de ballades mélancoliques sur des textes joliment ciselés.
Cette unité de ton, cette cohérence artistique s'affirment tout le long de cet opus avec d'autres standards comme "Couleur menthe à l'eau", "Le cimetière des éléphants" et plus récemment les sublimes "Rio grande" et "Un portrait de Norman Rockwell".
Tous ces titres se tiennent, s'enchaînent, avec cette même façon détachée de décrire les hauts et les bas d'histoires à priori banales, en un mot le "blues".
Jolies mélodies à écouter àl'heure de l'extinction des feux.

Pour les fanas du rocker, il existe une compilation complémentaire intitulée: "Eddy rocker".
Elémentaire, mon cher Watson.