Barbara: la longue dame brune
Cataloguée "rive gauche", Barbara interprétait à l'"Ecluse" de 1958 à 1963 les chansons de Brassens, Brel et Ferré. A la fois déterminée et sûre de rien, Barbara imposa progressivement son propre répertoire, dévoilant avec pudeur ses doutes et son mal-être.
"Dis quand reviendras-tu ?" imposera une chanteuse à la voix écorchée, à la limite de la brisure et de la fêlure.
Son public se reconnaît dans cette artiste qui assume sa fragilité. Elle nous parle de solitude, de la perte d'êtres chers, de son enfance, de la vulnérabilité.
Sa voix donne le frisson, la chair de poule.
Barbara s'apprécie le soir, à la nuit venue.
Les mots sortent de sa gorge, quand elle rend par exemple hommage à un père incestueux mais pardonné qui lui a fait tant de mal dans "Il pleut sur Nantes".
La déchirure, la vérité à l'état brut.
Enfant déjà, cette longue silhouette noire me fascinait avec son mystérieux "L'aigle noir".
Pour ma part, j'attendais donc avec impatience depuis longtemps une vraie compilation de Barbara.
Intitulé "Femme Piano", remastérisé en haute définition, ce double CD est enfin sorti en novembre 1997.
Avec tous ses standards: "Göttingen", "Nantes", "Une petite cantate", "Attendez que ma joie revienne", "Ma plus belle histoire d'amour" notamment.
J'ai acheté cet opus dès sa sortie. Il sonnait comme un testament. Une semaine plus tard, la "dame brune" disparaissait.
"Quand ceux qui vont, s'en vont aller.
Quand le dernier jour s'est levé. Quand ceux qui vont, s'en vont aller.
Quand pour toujours et à tout jamais dans la terre profonde.
Quand ceux que nous avons aimés vont fermer leurs paupières.
Qu'ils dorment, s'endorment tranquilles".
Barbara: une artiste incontournable dans ma CDthèque.

1 Comments:
Brel et Barbara portent non seulement la même initiale, mais le même "énoooorme" talent....Deux Monstres sacrés, qui ne peuvent pour moi être remplacés.
Cette longue Dame brune, que ne l'ai-je pas écouté encore et encore, surtout pendant ma pèriode (courte!) étudiante, et je me revois fredonner dans les rues de Toulouse puis Paris Syvie et enchainer ensuite sur Barbara ! Etrange mélange me direz-vous ? Pas tant que cela je trouve, tant ces deux artistes ont en commun un magnétisme, une aura ...justement hors du "commun".
Lady Barbara, l'Immense, possédait en plus une si belle écriture...
Oh que oui ! Sa perte pour la culture française me rend inconsolable...Enfin...presque : Heureusement Sylvie est toujours là !
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