6.7.06

Aznavour: patrimoine national

La rencontre avec Piaf et Trenet en 1946 a été pour Aznavour déterminante.
Devenu le parolier de la "môme" Piaf, il lui écrira notamment "Je hais les dimanches". Elle refusera ce titre qu' Aznavour proposera alors à Juliette Gréco.
Avec sa mauvaise foi évidente, Piaf le lui reprochera: "Comment, salaud, t'as donné ma chanson à cette existentialiste ?".
Bon, cà c'est pour l'anecdote.

A priori, je n'appréciais pas plus que cela le personnage. Il court trop après les honneurs et les médailles.
Mais en étudiant son "parcours", on comprend mieux les embûches qu'il a affrontées. Ce fils d'arménien avait à imposer sa voix, son physique, sa taille et ce n'était pas dans la poche.
Lui y a toujours cru et se voyait déjà "en haut de l'affiche".

Lancé dans les années 50 à la difficile conquête de la gloire, il a finalement réussi à imposer son répertoire réaliste.
Plusieurs décennies après, ses chansons, de "La Bohème" à "La Mamma" font partie du patrimoine musical national.

Curieusement, sa voix s'est bonifiée avec l'âge. Et ce sont les enregistrements live des récitals du Palais des Congrès 87 et 94 qui me donnent le plus le frisson. Impressionnante maîtrise vocale.

Ce qui me plaît dans ses textes, c'est l'évocation du temps qui passe.
"Le temps", "Hier encore", "Sa jeunesse": ses mots sont simples mais le langage est poétique.
Et dans ses chansons les plus tristes, le passé est toujours là en filigrane.

"Non, je n'ai rien oublié", que de sanglots refoulés dans sa voix, sur les deux enregistrements live mentionnés.