Sylvie Vartan: British Compilation
What is it ? A british label has compiled the best of Sylvie's pop songs. It's a joke ?
Non pas. Et pourtant, c'est bien la première fois qu'un label UK s'intéresse au parcours artistique de notre blonde égérie et propose un opus destiné à la faire découvrir. Faut dire que le marché britannique est plutôt hermétique à tout ce qui s'apparente à "the French Music".
L'originalité de cet opus est qu'il ne compile que les chansons écrites spécialement pour Sylvie Vartan, alors que chez nous, on a trop souvent tendance à penser qu'elle n'adaptait alors que des titres anglo-saxons.
Le CD est accompagné d'un très joli livret dans lequel le journaliste anglais Kieron Tyler écrit tout le bien qu'il pense de Sylvie qu'il surnomme "the France's queen of pop". Il évoque le guitariste Mick Jones et le batteur Tommy Brown, tous deux britanniques et compositeurs de la blonde qu'ils accompagnaient en tournée. Il rappelle avec délice qu'ils formèrent plus tard le fameux groupe Foreigner.
Kieron Tyler évoque nos années 60 en France qui furent influencées par la musique américaine puis anglo-saxonne.
Sylvie est selon lui la pionnière en 1961, c'est à dire la première fille en France à chanter et populariser ce genre de musique qui s'appelait le rock'n roll.
Puis arrive Françoise Hardy en 1962, moins rock et plus orientée ballades. Françoise sera classée plusieurs fois au Top of the pops britannique, ses chansons douces étant judicieusement traduites pour le marché anglais.
En revanche, selon Kieron Tyler, RCA (le label de disques de Sylvie) se focalisait plutôt sur les USA, d'où son absence regrettée sur le marché britannique. Il cite sa fameuse session enregistrée à Nashville en 1963, avec les choristes d'Elvis Presley.
L'influence anglaise sera plus présente dans la musique de Sylvie à partir de 1965, dans ce qu'il est convenu d'appeler sa période pop.
Et cette période, revisitée dans cette compilation (1965-1968) est bien musicalement la plus novatrice et performante pour Sylvie.
Influence anglo-saxonne certes, mais rappelons-le, créations originales, même pour les titres en anglais comme "Gonna Cry" et "It's not a Game".
L'opus démarre par des titres qui sonnent plutôt rock comme "Dans tes bras, je veux l'oublier" et "Je voudrais être un garçon" qui datent de 1965. Puis arrive la fameuse influence pop en 1966 avec des perles un peu oubliées comme le tonique "Ce jour-là" et le plus lancinant "J'ai fait un voeu". Le succès culmine alors en 1968 avec le tubesque "Irrésistiblement" mais aussi "L'oiseau" à l'envolée très psychédélique.
Enfin, Kieron Tyler a le bon goût de rappeler que Sylvie excelle aussi dans les ballades plus romantiques et propose son "Ballade pour un sourire" dédié à son fils et les langoureux "Je préfère tes bras" et "Et pourtant je reste là" dédiés plutôt à son Johnny de mari.
Autre évidence en écoutant cet album. C'est plus un parcours initiatique qui est proposé qu'un classique best of . On n'y trouve pas les incontournables "Comme un garçon" et autres "2 minutes 35 de bohneur" à tonalité plus variétoche et certainement moins avant-gardistes musicalement.
On voit donc l'intérêt de ce disque collector qui risque bien de devenir culte pour tout vartanophile averti.
La pochette elle-même est séduisante. Le vert bouteille attire le regard mais le visage de Sylvie se profile en demi-teinte dans la pénombre, souligné par un rais de lumière ... comme une incitation subliminale à découvrir une chanteuse dont le visage et le parcours restent inconnus en Grande Bretagne ?
La métaphore serait jolie.
Merci donc à Kierson Tyler pour son initiative et laissons-lui le mot de la fin dans un jargon "franglais" délicieux: "Irrésistiblement, c'est irresistable."
Isn't it ?



















































































